nov 12

Tellement triste cette ville,
Où les Chimères avortent des rêves qu’elles portent.
Tellement vile cette vie,
Où le bonheur nous ferme ses portes.
Ici l’Infidélité racole sur le boulevard et s’évertue
A détourner la Pudeur et la Vertu.
J’ai vu le Désespoir braquer la banque de l’Opulence,
Et prendre une balle dans la panse, par l’Avarice.
J’avoue, j’ai pleuré lorsque la Trahison tua la Confiance,
Et sans condescendance empoisonna l’Amitié.
J’ai vu l’Espoir essoufflé à courrir derrière l’utopie,
Et rendre son dernier souffle, dans les bidonvilles de l’oubli
Sur la place de la Paix, l’Arrogance piétina la Modestie
J’ai voulu la relever mais l’Indifférence me plaqua au sol.
Sous un saule pleureur, dans le parc du passé,
J’ai aperçu le Souvenir et la Mémoire s’enlacer,
Témoin, d’un accident mortel, sur l’autoroute des souhaits,
J’ai vu l’impatience à vive allure percuter la persévérance,
Je te laisse il faut que j’appelle les urgences…

Rating 4.00 out of 5
nov 12

La Sorcière au coeur sombre.

Lorsque Malik annonça les exigences du Roi Faiz concernant la libération de Bilal, le père de ce dernier fit venir les femmes les plus belles du royaume, les philosophes les plus renommés, les intellectuels les plus érudits, les savants, les hommes, les poètes… Mais personne parmi eux n’apporta la bonne réponse.
Dès lors que tout espoir était perdu, ils leur vint une idée. Pourquoi ne pas demandez la réponse à la Sorcière au cœur sombre.


La légende raconte que cette sorcière était jadis une belle femme qui répondait au nom de Amina. On disait d’elle, que l’éclat de ses yeux effaçait le scintillement de l’étoile la plus brillante du firmament. Que la beauté de son sourire s’apparentait à la beauté d’une pierre précieuse, taillée avec la plus grande des finesses. Adulée par les princes les plus renommés du royaume, Amina refusait sans cesses les demandes en mariage de ces derniers.
Elle caressait le rêve de trouver un homme qui l’apprécierait à sa juste valeur, qui l’aimerait pour ce qu’elle était et non pour le prestige et la richesse de sa famille. Elle Demandait souvent à sa bonne étoile de lui envoyer un homme qui saurait lire dans son cœur comme on lit dans un livre ouvert. Ce rêve ne tarda guère à se réaliser. Un soir, alors qu’appréciait le silence de ces nuits d’orient, où seul le murmure du vent caressait les dunes de sable ; elle aperçu cette homme adossé à un palmier.
Ce dernier, qui répondait au nom de Yacine, n’avait rien des princes qui courtisaient la belle Amina. Il n’avait jamais vu les splendeurs que refermaient les palais et ne possédait aucune richesse.

Yacine était un berger comme son père le fut et comme le père de son père le fut. De nature réservé, Yacine aimait se retrouver près d’une oasis. Là il y admirait le ciel qui enfilait son manteau étoilé. et cela jusqu’au petit matin. Contrairement à Amina, Yacine n’attendait rien de la vie, sauf une chose qu’on le laisse vivre en paix et rien ne devoir à personne. Mais le destin en avait décidé autrement ces deux personnes que tout opposait étaient destinés à s’unir.
Parfois une simple rencontre peut bouleverser toute une destinée ; C’est ce qui se passa lorsque Amina et Yacine se rencontrèrent pour la première fois près de cette oasis. Elle fut stupéfaite de la réaction que le jeune homme eu lorsqu’elle s’approcha de lui en lui disant bonsoir.

Sans lui répondre, sans même lui adresser un regard. Yacine se leva et disparu dans la nuit. Cette réaction laissa sans voix notre belle Amina qui la nuit suivante revint à la charge, puis la nuit d’après jusqu’à ce que Yacine finit un jour par lui répondre.

« Que fait la Princesse du Royaume, seule dans cette oasis en pleine nuit » lui répondit sèchement Yacine.

« Enfin, vous acceptez de me parler. Ne suis-je pas sur les terres de mon père ici ? » lui rétorqua Amina.

« Bien sûr que oui. D’ailleurs je vous laisse avec votre Oasis. Il y a une chose que les personnes de votre milieu n’auront jamais. C”est le fait de se contenter de peu. Vous avez certes cette oasis mais en appréciez vous sa valeur. Prendrez vous le temps de voir en elle la beauté qu’elle offre au crépuscule ? Je perds sans doute mon temps à vous expliquez des choses qui vous dépassent… » lui dit Yacine.

« De quel droit, me parlez-vous ainsi ? Qu’ai-je fais pour que vous me traitiez de la sorte ? Je vous offre ma place volontiers, je vous donne mon rang, ma richesse si cela contribuerait à vous rendre moins amer vis-à-vis de moi » lui lança Amina les yeux pleins de larmes.

Yacine se sentit mal après cela. Il s’excusa auprès d’Amina. Puis il finit par lui raconter ce qu’il avait sur le cœur :

« J’ai vu mes parents être humiliés par les gens de ton milieu. J’ai vu mon oncle chassé de ses terres par l’un des vizirs du roi. Alors comprend mon amertume lorsque je te vois venir vers moi »

« Mais je n’y suis pour rien. Je pourrais réparer l’affront que tes parents ont subi, je pourrais ordonner qu’on rende ses terres à ton oncle » reprit Amina.

« Pourquoi ferais tu tout cela ? Pourquoi ce soudain intérêt pour moi ?» l’interrogea Yacine.

« Le premier regard que j’ai posé sur toi m’a fait comprendre une chose. C’est que tu étais celui que j’avais toujours attendu. Aussi invraisemblable que ça puisse paraître tu entrais dans mon cœur jours après jours.

J’attendais avec impatience ces nuits où je pouvais enfin te voir près de cette oasis. Yacine ne me rejette pas. Tu es comme une accalmie dans le tumulte de ma vie » dit elle.

Yacine cru en la sincérité de ses paroles. Et il avait raison, car Amina éprouvait réellement des sentiments pour lui.

Le jeune homme quant à lui s’interdisait de tomber amoureux de cette princesse. Le Roi n’aurait pas hésité à l’enfermer, s’il avait vent de cette relation.

Yacine lui expliqua qu’il risquait la prison s’il était vu avec elle. Il avait vu des gens de son milieu entrer en geôle parce qu’il avait volé à manger pour vivre. Amina tenta de le rassurer en lui disant qu’il ne craignait rien car elle s’intercèderait en sa faveur. Mais Yacine savait que sa parole n’aurait aucun point face à la sentence. Malgré cela il resta avec elle à discuter.

Ils discutèrent pendant des heures, Yacine lui enseigna le nom des étoiles, lui conta l’histoire de « Kaïs et Leïla ». Sans bouger de cette oasis il la fit voyager loin de son royaume. Ils visitèrent Thèbes, les jardins suspendues de Babylone, firent une croisière sur le Nil…
Les jours passèrent. Amina et Yacine continuèrent à ce rencontrer près de cette oasis qui était devenu l’havre de leur amour. Au coin de cette oasis, ils firent des projets d’avenir décidèrent du nombres d’enfants qu’ils auraient, Ils se chamaillèrent même pour leurs prénoms.

L’amour avait réunit des personnes de milieux différents et il était devenu le ciment de la relation de ces deux êtres. Mais leur idylle allait toucher à sa fin car le père d’Amina avait eu écho de la relation de sa fille.

Lorsqu’il demanda des comptes à sa fille, cette dernière lui fit savoir que c’était l’homme qu’elle avait choisi.

« Amina, tu as les princes les plus riches du royaume qui te courtisent et tu me parles d’épouser ce berger ! Je ne chercherais pas à te faire changer d’avis, mais une chose est certaine tu ne le reverras plus jamais. » lui rétorqua son père. Elle intercéda en sa faveur comme elle lui avait promis mais son père ne revint pas sur sa décision. Amina tenta de savoir si l’homme qu’elle aimait était encore en vie. Son père la laissa dans le doute. Elle craignit le pire et parti comme la veille ; Attendre son bien-aimé près de l’oasis.

Hélas, elle ne vit jamais revenir Yacine.
Amina l’attendit en pleurant toutes les larmes de son corps, elle l’attendit en repensant à tous ces merveilleux instants partagés à ses côtés, elle l’attendit en implorant le ciel de lui rendre ce à quoi elle tenait le plus.

Quand son père vint la chercher elle était méconnaissable ce regard qui effaçait jadis le scintillement des étoiles était devenu aussi sombre que la nuit. On dit qu’elle a cessé de sourire depuis ce jour là ; Et que la belle Amina mourut en cette nuit où elle perdit Yacine. Elle s’enferma dans un mutisme et fit abstraction de tout sentiment. Certains disent même qu’elle vendit son âme au diable pour avoir ce remède qui est : oublier qu’on a un jour trop aimé.

Depuis elle sème la haine et le mépris dans son cœur comme jadis elle a semé l’amour. Sa beauté s’en est allée avec le sourire de Yacine.
Son père regretta amèrement son geste mais il était trop tard. Pensant la protéger il n’avait donné à sa fille aucun droit de choisir la vie qu’elle voulait mener.

Rating 4.00 out of 5
oct 05

Une Intrigue

Il était une fois, dans une contrée lointaine d’Orient, vivait un prince descendant d’une digne lignée de rois.
Ce jeune prince du nom de Bilal était respecté de tous et aimé des siens ; Sans doute pour les qualités morales qui lui étaient propre. Mais aussi parce qu’il aurait marché sur les traces de son père après sa succession.

Un jour, Bilal fut capturé et fait prisonnier par le souverain d’un royaume voisin. Son père qui entendit cette nouvelle fut pris de chagrin et voulut lui-même aller sauver ce fils qu’il chérissait tant.
Mais ses conseillers l’en dissuadèrent prétextant que s’il était capturé, le royaume n’aurait plus lieu d’être. Il voulut alors monter une armée mais sa conscience refusait l’effusion de sang. Par amour pour son fils il décida de renoncer à sa richesse, son or et ses montagnes de diamant. Il ne cessait de répéter cette phrase « à quoi bon être roi si l’on est riche et triste »
Sa vie sans lui était un enfer et il ne savait pas si un jour il reverrait son fils. Lorsqu’un malheur nous touche, bien des choses nous paraissent vaines.

Ainsi le Roi voulu donner toute sa fortune, afin que son fils lui soit rendu. Mais celui qui retenait le Prince Bilal, captif refusa. Ce qu’il désirait, c’était autre chose. Le père de Bilal ne comprenait pas, sa richesse contre son fils, que pouvait t-il donner de plus. Intrigué, inquiet et anxieux il décida d’envoyer un émissaire. Malik le meilleur ami et confident du prince se porta volontaire.
Malik aurait donné mille fois sa vie pour son ami. Il partait avec l’idée qu’il prendrait la place du prince Bilal et se ferait prisonnier pour que son futur roi soit libéré. Malik était loin de savoir ce qu’il l’attendait….

L’énigme

Malik arriva trois jours après dans le royaume du Roi Faïz. Il fut reçu convenablement comme s’il était un invité de marque. On fit même une fête à son honneur. Mais Malik avait l’esprit ailleurs. Il ne vit pas le Prince de la journée et était rongé par l’inquiétude. De nature méfiante, il redoutait la demande du souverain de ce royaume. Tant de questions demeuraient sans réponse. Pourquoi cette fête à son honneur ? Pourquoi avait t-il était reçu de cette manière ? Et le prince Bilal, pourquoi ne l’avait t-il pas encore vu ?
Soudain il pensa au pire : Et si il l’avait tué ?
Malik ne voulait pas envisager cette probabilité, il ne pouvait pas perdre son ami de la sorte…
Il sorti de ses pensées lorsqu’une voix lui fit savoir qu’il allait être reçu par le Roi Faïz qui tenait captif Bilal.
Lorsqu’il descendit pour se présenter au Roi Faïz, une voix qui lui était familière l’interpella. C’est alors qu’il se retourna et vit Bilal. Son prince allait bien et affichait une jovialité qui lui était propre. Il n’avait pas été mal traité durant son séjour ici  Mais lorsqu’il appris le désarroi de son père, sa jovialité s’estompa.
Les deux hommes se présentèrent au Roi, Malik demanda ce qu’il attendait d’eux et ce que signifiait cette mascarade.
Faïz les fixa et leur dit que c’était une coutume de recevoir ses invités.

« Votre Prince aura la vie sauve si tu réponds à une question dans un délai imparti » reprit le Roi.

Malik tout en sortant son sabre dit : « je ne répondrai à aucune question, laissez nous partir sur le champs ». Au même moment Bilal s’interposa entre le roi et son ami.

« Malik, les gardes nous auront tué avant même que l’on atteigne la porte principal. Range ton arme et écoutons ce qu’il a nous dire » lui dit le Prince.
Malik obtempéra, Bilal pris alors le sabre et le déposa à terre puis, il se tourna vers le roi lui priant de poser sa question.
Alors le Roi Faïz dit : J’aimerai savoir ce que les femmes veulent par dessus tout ? Je te donne un mois pour répondre à cette question, fait attention à la réponse que tu me donneras ta vie en dépend prince Bilal. Ne te laisse pas surprendre par la simplicité de cette question, car bon nombre de personnes ont échoué avant toi.
Quant à toi (en s’adressant à Malik) qui te prétend si téméraire au point de lever ton arme sur moi dans mon propre royaume, tu seras chargé de me donner cette réponse. Tu porteras sur toi la mort de ton prince si jamais tu échoues. ».
Sur ces paroles, le roi disparu.

Malik resta tétanisé. Quelle sentence plus lourde que de porter la mort d’un ami sur sa conscience. Bilal tenta de le rassurer en lui disant qu’il avait confiance en lui. Après tout Malik était plus qu’un ami, c’était un frère. A demi rassuré Malik s’en alla, laissant Bilal seul aux portes de ce palais.
Il s ‘éloigna jusqu’à ce que le palais devint une petite lueur dans la nuit.

Rating 4.00 out of 5
sept 21

Moi c’est Lyas, j’ai 17 ans et je suis de la région parisienne, plus précisément de Champigny sur Marne. J’ai grandi dans le quartier du Bois-L’abbé. Mon père est arrivé à Champigny en 1972 puis trois ans après ma mère l’a rejoint. Mais bon ça c’est une autre histoire.

Où j’en étais! ha oui… le Bois-L’abbé mon quartier ! Nous avons toujours vécu ici ma famille et moi. Nous habitons au 7 ème étage d’une tour du quartier. Aux Bois-L’abbé il y a plusieurs communautés qui cohabitent et ce sans histoire. Hé oui ! Nous sommes bien loin des clichés et autres stéréotypes qui laissent penser qu’en banlieue les jeunes s’entretuent avec des armes à feu. Il n’y a pas non plus de laboratoire de narcotique à la « New Jack City ». Je pense qu’on aura le temps de rediscuter de ça un autre moment.

Dans l’immédiat si l’on parlait plutôt de moi ? et plus particulièrement de ma famille. J’ai une grande sœur qui s’appelle Lina. C’est la petite intello de la famille, et la chouchou de mes parents. Bon vous me direz, c’est un peu normal étant donné que c’est la seule fille de la baraque !

Ma sœur, je la kiff* grave, même si dans ma culture montrer ses sentiments reste un tabou. Je l’admire beaucoup car c’est une fille attentionnée, ambitieuse, et un modèle de courage à l’image de mes parents. Lina est une acharnée des cours, je me souviens que pendant ses derniers examens, elle est restée dans sa chambre durant toute une semaine. On ne l’a voyait qu’en coup de vent. Mais bon on va dire que son travail a payé. Aujourd’hui elle prépare une licence en droit à l’Université Panthéon-Assas PARIS II.

Lina, c’est une idéaliste, elle est  persuadé qu’elle peut contribuer à changer les choses en devenant avocate, En tout cas mes parents croient beaucoup en elle et moi aussi d’ailleurs. Voilà ce qui faut savoir de ma soeur pour l’instant.

Maintenant passons à mon petit frère “TIti”. Tout le monde à la maison le surnomme ainsi. Je vous dirais plus tard, pourquoi il a écopé de ce sobriquet.  Titi c’est le cyclone de la maison. Le genre de p’tit frère bien “relou”, qui n’en fait qu’à sa tête. Demander lui de ne pas faire une chose, vous pouvez être sûr qu’il fera le contraire. J’ai l’impression que c’est plus fort que lui. Titi est le petit dernier de la  famille donc forcement mes parents sont plus souples avec lui. Limite ils nous interdisent de lui en coller une quand il dépasse les bornes . Vous comprendrez sans doute pourquoi  Monsieur se sent intouchable. Mais je vous rassure ma soeur et moi avons toujours un moyen de pression contre Lui. Hé oui, aussi confiant qu’il puisse être (lorsque mes parents sont dans les parages bien entendu) il flippe de mon grand frère Yaniss. Quand Titi devient trop “relou” il nous suffit juste de sortir notre portable et de le menacer d’appeler Yaniss. Je peux vous dire qu’il se calme direct. Courageux mais pas téméraire le petit frère. D’ailleurs nous n’hésitons pas à user de ce stratagème pour qu’il fasse ses devoirs. Ha oui, j’avais oublié de vous dire, pour Titi l’école ne sert à rien. Selon lui c’est le sport ou la musique qui pourront lui rapporter beaucoup d’argent. Mais rassurez-vous ce discours il est loin de l’avoir devant Yaniss. Pour la simple et bonne raison que s’il ne ramène pas de bonnes notes il peut faire une croix sur le foot, MSN et son Ipod. Je pense qu’on va s’arrêter là pour Titi. Mais ne vous inquiètez pas, le connaissant, je ne tarderai pas à vous raconter des anecdotes prochainements.

Pour finir je vais vous présenter mon grand frère Yaniss. Il vient d’avoir 29 ans. Yaniss, c’est un fantôme, je ne le vois que très rarement. En fait son taff lui prend tout son temps. Il est éducateur spécialisé et parfois il ne rentre pas à la maison pendant 3 jours (ça c’est quand il est d’astreinte). Sinon quand il est à la maison, Il est toujours disponible pour nous. Il suit notre scolarité et  c’est lui qui nous accompagne lors des réunions parents/profs. Même s’il est assez strict en ce qui concerne les cours, Yaniss fait pas mal d’activité avec nous. Dernièrement on est allé voir le dernier Batman (Titi était comme un dingue, à dire vrai c’était un film vraiment “puissant”). Prochainement on doit assister au Jamel Comedy Club, ça c’est si son emploi du temps lui permet. En attendant on n’arrête pas Titi et moi, de le corriger sur PES 2008 (c’est un jeu de foot-ball sur Playstation). Mais bon ça ne va pas durer, car ma mère veut l’expulser. Elle n’arrête pas de demander à mon frère quand est ce qu’il comptait se marier. Yaniss, esquive le sujet. Il faut dire qu’il est vraiment discret sur ça, on ne sait même pas s’il a flashé sur quelqu’un. Ma mère lui a donné un ultimatum, si dans un an il ne lui a pas présenté quelqu’un elle va prendre les choses en main. On n’arrête pas de le charier avec ça. En tout cas le jour où il va se marier, ça va vraiment faire un vide à la maison. Mais bon ça c’est une autre histoire.

Bon, il se fait tard et demain j’ai cours. Cette année, c’est le bac et va falloir que je me donne à 200%.

Allez je vous laisse.

Rating 4.33 out of 5
sept 18

On sait que les gens heureux n’ont pas d’histoires, alors pourquoi les grandes chanteuses seraient-elles forcément des personnages sortis d’une tragédie antique ? Mayrina Chebel, nouvelle voix de la soul à la Française, n’a pas le CV d’une “galérienne“. Cette jeune fille de 25 ans venue de Lyon s’est prise de passion pour le chant grâce à Lauryn Hill, qui l’a impressionnée dans la comédie Sister Act II. Mais ce n’est qu’à 15 ans qu’elle prend pleinement conscience de son potentiel vocal. Un casting pour une émission télé la convainc de persévérer : elle n’est pas prise car on lui fait remarquer qu’elle a déjà une voix et qu’en plus, elle n’est pas formatable. Un véritable encouragement déguisé !

Mayrina part s’installer à Paris en 2005 pour vivre sa passion et devenir pro. Le rêve de beaucoup d’apprenties chanteuses, sauf que Mayrina se donne les moyens de réussir. « J’avais 23 ans », raconte-t-elle. « J’ai trouvé un appart’ et un petit job d’assistante juridique dans un cabinet d’avocats. Deux mois après que je me sois installé, j’ai rencontré mon producteur, Simon, par le biais d’une amie. Pendant un dîner, il m’a demandé de lui chanter quelque chose, et il a apprécié ma voix. Il m’a rappelé en me disant qu’il voulait me produire. On a tout de suite commencé à travailler, on a vu des producteurs qui m’ont fait des sons et on a passé un an à faire des maquettes ». Parmi les premiers approchés, les Marseillais d’IAM. Mayrina va à la Cosca, dans ce studio où Shurik’n, Akhenaton et les autres passent leurs nuits. Mayrina : « On avait la pression et on leur fait écouter trois maquettes. Ils ont tout de suite été partants pour faire un morceau. Shurik’n m’a dit qu’il allait écrire, Akhenaton qu’il allait faire un instru. Les semaines ont passé, ils nous font deux, trois, quatre prods, et finalement la moitié de l’album est réalisée par Akhenaton avec plusieurs textes de Shurik’n. On est partis deux mois et demi à Marseille pour tout enregistrer avec eux. AKH m’a écrit deux textes. C’est une des plus belles rencontres que j’ai faite sur l’album ». La direction musicale est claire : on est loin du r&b formaté interprété par les divettes du ghetto qui déballent leur passé blessé plutôt que leur organe. Avec Mayrina, l’important c’est la voix. Et son style est clairement soul.« En fait mon album est Pop Soul », corrige-t-elle. « Tous les morceaux travaillés avec IAM sont soul dans tout ce qui est placement rythmique parce que Shurik’n m’a coaché en studio et il a ce goût pour les voix amples. Les cinq textes que j’ai travaillé de mon côté sont plus pop dans les mélodies ».

Mayrina Chebel veut plusieurs touches, plusieurs styles, et sait écouter les (bons) conseils. Elle se surpasse vocalement, allant jusqu’à refaire les prises de voix d’une chanson comme J’y survivrai pendant toute une journée. Vishnou, compositeur de Mayrina, travaille sur les musiques en parallèle avec le gang des Marseillais, jouant guitare et basse aux côtés d’un groupe de musiciens choisis par Akhenaton pour donner de l’âme aux morceaux et remplacer les machines utilisées pour les premières maquettes. Le disque commence à prendre forme durant l’été 2007. « Akhenaton avait plein de musiciens qu’il connaissait pour avoir bossé avec eux, et ça faisait plaisir de les voir impliqués comme ça sur mon album, moi qui avais adoré la B.O de Comme un aimant ». Pour qui serait tenté de voir en cet premier album un disque de r&b à la mode aux centres d’intérêt anecdotiques, Flora, une des chansons fortes du disque, marque la rupture : « Je me présente, je m’appelle Flora, née en 27 en Alabama » : ainsi démarre le récit de cette histoire noire cinglante comme le fouet des esclavagistes… « L’instru de Hal, du groupe Chiens De Paille, m’a tout de suite inspiré. Certains trouveront peut-être choquante une phrase comme “il faut être blanc pour naître dans ce pays“, mais c’était la réalité à cette époque-là, et peut-être que ça n’a pas tant changé que ça… C’était un sujet important pour moi ». Métro raconte un voyage underground passé à décrypter les visages qui défilent dans le sous-sol parisien, Ça groove évoque la passion de Mayrina, qui préfère que « ça groove grave » plutôt que de « traîner dans le quartier VIP » tandis que M’envoler, écrit par AKH, est d’une intensité réellement impressionnante…

Mayrina voit son premier album comme un voyage dont sa voix serait le fil conducteur, d’où son titre, Ailleurs. Les quelques invités sont triés sur le volet : Akhenaton pour Le marché du malheur, superbe chanson sur ceux qui vendent leur intimité et « font de la tristesse un concours », mais aussi Disiz La Peste sur Je vous pardonne, le chanteur Moïse sur Paradizeet Sako le MC de Chiens DePaille sur Dans les yeux des hommes. Autant d’épices autour de l’ingrédient essentiel : la voix chaude et sensuelle de Mayrina Chebel, chanteuse pop soul sans concessions ni démagogie.

Mélange idéal entre l’émotion et le groove, Ailleurs n’est pas juste un nouvel album : c’est le Nouveau départ d’une jeune chanteuse passée de l’ombre à la lumière et promise à un grand avenir. Ailleurs de Mayrina Chebel ? De la soul frenchy sans misérabilisme mais avec de la voix. Et du talent à revendre.

Olivier Cachin

Rating 4.00 out of 5
août 07

Protégé : Premier jour de taff

Working Women Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


Rating 4.33 out of 5